Le 20 février 1895 le capitaine Dreyfus (1859-1935) est embarqué pour l’île du Diable où il subira un véritable martyre pendant cinq ans. Il avait été condamné en novembre 1894 à l’internement à vie pour trahison à l’unanimité des juges du conseil de guerre. En réalité, c’est par hasard qu’il fut accusé à la place d’un autre, officier comme lui dans l’armée française le commandant Esterhazy (1847-1923). Ces deux destins vont se croiser sans que ces deux personnages ne se rencontrent jamais.

Diapositive Cette affaire complexe qui souleva des passions antagonistes dans toute la France avec Dreyfus au premier plan, malgré lui, victime silencieuse est en fait beaucoup plus l’affaire du commandant Esterhazy. Comment se fait-il que ce coupable ait bénéficié de hautes protections ? On ne peut comprendre les ressorts et les dessous de l’affaire Dreyfus sans analyser les nombreux documents concernant Esterhazy.

Les dessous de l’affaire Dreyfus, les motivations des hommes hauts placés de l’état-major, la vérité sur le rôle d’Esterhazy sont restées longtemps inextricables avec de nombreuses zones d’ombre. Des pièces du dossier étaient inaccessibles jusque dans les années 1960, quand on a pu accéder aux archives nationales. Des membres de l’état-major avaient tenté de dissimuler ou de supprimer des pièces compromettantes ou truquées. Curieusement les pièces originales du dossier secret n’ont été retrouvées qu’en 1960 après qu’on les ait cru longtemps détruites.