Rien n’est plus difficile que juger un passé récent. : Tel est le cas du drame de la Commune de Paris survenu il y a moins de 140 ans , qui a duré 72 jours de mars à mai 1871.Les manuels scolaires que j’ai consultés ne consacrent qu’une quinzaine de lignes à l’ évènement. En fait, la conscience collective a occulté l’histoire de la Commune de Paris, drame probablement trop proche et douloureux. Lorsqu’on visite le musée Carnavalet , musée de l’histoire de la ville de Paris on est étonné de ne rien trouver sur les évènements de 1848 et seuls quelques tableaux ou gravures sur l’histoire de la Commune . Aux archives du même musée sont conservées des centaines de documents , notamment photographiques que nous avons utilisés. La guerre de 1870 et les évènements de la Commune, nous le verrons ont inspiré de nombreux peintres contemporains : Corot, Courbet, Girardet, Manet, Meissonnier, le peintre d’origine lyonnaise Puvis de Chavannes etc.

Diapositive Il existe de nombreux écrits sur cette tragédie : leur ton diffère selon les auteurs adversaires ou partisans de la Commune :

La littérature anti-communarde fut abondante dans les 20 années qui suivirent les évènements : certains auteurs comme Théophile Gautier identifient les gens de la Commune à des espèces de sauvages malfaisants. Alexandre Dumas fils adopte le même ton hargneux et dresse un portrait de Gustave Courbet qui soutiendra la Commune jusqu’au bout et qui sera condamné à 6 mois de prison puis à payer les frais de la restauration de la colonne Vendôme : « De quel accouplement fabuleux d’une limace et d’un paon…De quel suintement sébacé peut avoir été générée cette chose qu’on appelle Monsieur Gustave Courbet ? ».

Un des thèmes majeurs des auteurs hostiles à la Commune est l’ivrognerie des communards, leur paresse et la débauche. On voit aussi transparaître l’hostilité envers les immigrés qui ont participé à ces évènements et donc une xénophobie que traduit P.de St Victor : « Cette franc-maçonnerie du crime dont le drapeau n’a d’autre couleur que celle du sang, trônait et régnait à l’hôtel de ville. Elle avait recruté les malandrins de l’Europe entière ».

Edmond de Goncourt hostile à la Commune écrira en juillet 1871 dans son journal à propos du suffrage universel : « C’est de l’aveu de tous l’instrument fatal de la ruine prochaine. Par lui, l’ignorance de la ville multitude gouverne ».

Au contraire les historiens républicains et les journalistes témoins de ce drame comme Olivier LISSAGARAY réfugié en Angleterre après les évènements dont le récit nous livre tous les détails, soutiennent que le peuple de Paris , les petits bourgeois, les intellectuels ont été poussés à l’insurrection de façon inorganisée par la déception de voir les dirigeants

Dans cette conférence nous analyseront les origines et le déroulement de des évènements dramatiques.